an 19

An 19

Saison 2013-2014

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Edito

La véridique histoire des 19 portes

« Hé ! Les mangeurs de mou, les feux sans flamme, ça suffit ! Arrêtez de me parler sans parole, arrêtez de faire les malins, de vous agiter, de clignoter, de minauder, de filer doux, d’acquiescer au vent de toute nouveauté, d’épouser votre temps sans rechigner. Arrêtez d’obéir. ‘Non’ n’est-il pas le plus beau mot de la langue française ? I don’t speak comme vous. Salut les abrutis, adieu les assujettis !» Tous ces édentés high tech m’avaient, avouons-le, quelque peu irritée.
Ce bel élan de colère m’aida énormément pour sauter par-dessus la clôture. Un mur en fait. Haut, très haut.

De l’autre côté, se dresse une montagne d’une mystérieuse étrangeté. Sur ses flancs abrupts, 18 portes en enfilade. La porte n°1 ne paie pas de mine. « Bonjour ! », dit-elle. Des vents tourbillonnants d’une rare violence assaillent la 2e, tandis qu’apaisés, ils caressent la 3e. Les portes 4, 5 et 6 rient aux larmes : un troll errant, sautillant et espiègle leur chatouille visiblement le cœur !
Les 7e, 8e, 9e, 10e et 11e vivent de grands chambardements : ça déménage sec avec des noirs, des lumières, des entrées et sorties fracassantes de comédiens, chanteurs, musiciens, peintres, danseurs, bruyants, peu portés sur la discipline. Ils font les jolis cœurs, pleurent, éclatent de rire, se fâchent, tapent des pieds, grognent, sortent leurs griffes. Quelle ménagerie !
Il y a du sang sur la 12e, des larmes sur la 13e, la 14e est jaune, secrète et cadenassée. Derrière la 15e, se cache Aperghis, malicieux.
« Je vais vous la chanter, moi, cette porte ! »

Enrubannée de lierres, la 16e porte est celle d’une princesse et d’un prince presque charmants. Ils s’aiment, se dévorent corps et âme avec grand appétit et n’ont pas d’enfants. Le portail lourd de la 17e s’ouvre lentement, en grinçant, sur une forêt sombre. Un jeune homme et une vieille femme conversent en silence. Un corbeau noir plane au-dessus de la tête blanchie de la dame.
La porte 18 est délicate et lumineuse. A ses pieds, deux enfants silencieux jouent avec des cailloux, des copeaux de bois et des fétus de paille. Ils inventent le monde. « Où sont vos parents ? » « Nous les avons abandonnés dans la forêt », dit l’un. « Nous les avons mangés », dit l’autre. Et, en chœur,
« Nous sommes plus tranquilles pour jouer ! Voulez-vous jouer avec nous ? » Avant même que j’aie donné mon accord, ils m’entraînent à travers rocailles et pierrailles jusqu’à une ridicule petite porte de rien du tout, inconnue de moi. Une 19e porte ? L’entrée de la caverne ? « Oui, disent les enfants, c’est la porte magique de notre théâtre. ».

Jeanne Pigeon, directrice artistique